Nancy, 92 % d'appartements : ce que ça change à votre marge de manœuvre

La place Stanislas à Nancy
Berthold Werner / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

En bref

Sur les 53 055 diagnostics réalisés à Nancy, 48 941 portent sur des appartements, soit 92 % du parc, contre seulement 2 046 maisons. Dans une ville aussi collective, les travaux qui font bouger l'étiquette relèvent presque toujours de l'assemblée générale.

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Un parc parmi les plus collectifs du réseau

Nancy fournit le plus gros échantillon de notre réseau : 53 055 diagnostics. Sa composition est frappante.

48 941 concernent des appartements, 2 068 des immeubles entiers, et seulement 2 046 des maisons individuelles. Autrement dit, plus de neuf logements diagnostiqués sur dix sont en copropriété. À titre de comparaison, Sète est à 87 %, Dunkerque à 74 %, Albi à 67 %.

Les maisons y sont rares et plus exposées

Les 2 046 maisons nancéiennes affichent 13,9 % de passoires classées F ou G, contre 6,8 % pour les appartements. Le rapport habituel se vérifie : quatre façades exposées contre deux, une toiture, un plancher bas.

Mais leur faible nombre change la lecture du marché. À Nancy, la maison est un produit rare, et son étiquette pèse donc moins sur la moyenne communale de 7,1 % que dans une ville pavillonnaire.

Ce que la copropriété fait à votre pouvoir d'action

C'est la conséquence pratique de cette structure. En appartement, vous décidez seul de vos menuiseries, de votre ventilation et parfois de votre chauffage individuel. Vous ne décidez pas de l'isolation de la façade, de la toiture, ni du système collectif.

Or ce sont précisément ces postes qui font franchir un cran. À Nancy, 27 772 logements ont une isolation des murs jugée insuffisante, soit plus de la moitié du parc, avec 12,8 % de passoires et 30,0 % de classes E. Ce chantier-là ne se décide jamais seul.

Le levier collectif qui marche vraiment ici

Une donnée nancéienne se détache nettement. Les 4 598 logements raccordés au réseau de chauffage urbain affichent 2,4 % de passoires et surtout 27,3 % de classes A ou B.

À comparer aux 27 569 logements au gaz naturel, dont 0,1 % seulement atteint ces classes, soit une trentaine de logements. Le rapport est de un à deux cent soixante-dix. Pour un immeuble nancéien situé sur le tracé du réseau, le raccordement est de très loin le levier collectif le plus efficace.

Le plafond du gaz, invisible mais réel

Ce chiffre de 0,1 % mérite qu'on s'y arrête, car il concerne plus de la moitié du parc nancéien.

Le diagnostic croise consommation et émissions, et retient la plus mauvaise des deux jauges. Le gaz s'en sort correctement sur la consommation mais pèse lourd sur le carbone. Une copropriété au gaz peut donc isoler remarquablement bien : elle butera sur un plafond que l'enveloppe seule ne franchit pas. Comprendre les classes du DPE permet de savoir si l'on est bloqué par ce plafond ou par le bâti.

Comment agir quand on est copropriétaire

Trois choses restent à votre main, et elles ne sont pas négligeables.

Vos menuiseries, poste souvent privatif selon le règlement. Votre ventilation, qui doit accompagner tout changement de fenêtres. Et votre eau chaude sanitaire si elle est individuelle, avec un chauffe-eau thermodynamique là où le volume le permet.

Au-delà, le passage obligé est l'assemblée générale. Un audit énergétique à l'échelle de l'immeuble est le document qui rend la discussion possible entre copropriétaires non techniciens.

Anticiper plutôt que subir la panne

Le moment où une copropriété décide de son avenir énergétique est presque toujours le mauvais : celui où la chaudière lâche, en plein hiver, avec un devis d'urgence sur la table.

Faire chiffrer les scénarios à froid, raccordement au réseau, pompe à chaleur collective, maintien du gaz, permet de comparer sur dix ans plutôt que sur un devis. C'est aussi ce que prépare le plan pluriannuel de travaux, devenu obligatoire pour les copropriétés de plus de quinze ans.

Ce que ça change à la vente

Dans une ville d'appartements, un acquéreur averti ne regarde pas seulement votre lot : il regarde l'immeuble.

Les procès-verbaux d'assemblée des trois dernières années disent si la copropriété avance, temporise ou ignore le sujet. Un lot classé D dans un immeuble qui a voté des travaux vaut mieux qu'un lot classé D dans un immeuble immobile. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse.

Questions fréquentes

Nancy est-elle vraiment une ville d'appartements ?

Oui, à un degré rare : 48 941 des 53 055 diagnostics portent sur des appartements, soit 92 % du parc, contre seulement 2 046 maisons individuelles.

Puis-je améliorer ma classe seul en copropriété ?

Partiellement. Menuiseries, ventilation et eau chaude individuelle restent à votre main. L'isolation de la façade, la toiture et le système collectif relèvent de l'assemblée générale, et ce sont eux qui font franchir un cran.

Quel est le meilleur levier collectif à Nancy ?

Le raccordement au réseau de chauffage urbain : les 4 598 logements raccordés affichent 27,3 % de classes A ou B, contre 0,1 % pour les 27 569 logements au gaz naturel.

Que regarder avant d'acheter un appartement nancéien ?

Les procès-verbaux d'assemblée générale des trois dernières années. Ils indiquent si la copropriété a voté des travaux, les a reportés ou n'a jamais abordé le sujet, information au moins aussi utile que la lettre du diagnostic.

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